De l’obnubilation – de l’enfirouâpage – des gens ordinaires
ou bedon
Où il est question, en partie, de nobles bêtes et de bêtes bipèdes baptisés
ou bedon encore
Personne n’a l’obligation de s’imposer la pénible lecture de ces petites proses drôlement échevelées, versant honteusement dans le pamphlet décousu mais pas nécessairement logorrhéique…
– Pierre Vadeboncoeur, L’autorité du peuple
(Québec, Éditions de l’Arc, 1965)


pages sublimes du mémorable magazine Pilote.
Serge Chapleau en a repris l’idée et la façon qu’utilise Gérard D. Laflaque.

Je me suis de plus rappelé un passage du récit Deux voyages en canot sur le Saint-Maurice (de l’ecclésiastique Napoléon Caron (à ne pas confondre avec l’oblat qui évangélisa les environs de Parent et dont parle Jerry McCarthy dans ses éphémérides…) - (Trois-Rivières : Librairie du Sacré-Coeur, P. V. Ayotte, libraire-éditeur, [1889?]; on peut lire cette édition en ligne.), rapportant froidement une bien cruelle anecdote relatant le martyre d’un cheval. Le pieux abbé en parle sur un ton où on chercherait en vain toute trace d’empathie à l’endroit de cette pauvre bête exploitée par son maître jusqu’à son dernier souffle. Une triste illustration de la bêtise humaine. Caron, lui-même « homme de Dieu », donc chargé de propager l’amour d’un supposé Créateur et de ses créatures, aurait pu au moins manifester sa désapprobation face à cette vile action. Mais je laisse la prose de ce bel esprit chrétien parler d’elle-même. Mauriciens et Mauriciennes y trouveront quantité de données intéressantes sur les riverains de cette époque.Photo : Pierre Cantin, 23 septembre 2007.
Extrait des pages 76 et 77 de l’édition princeps de l’essai du Napoléon Caron
« Nous faisons, écrit Caron, nos adieux à la famille Larue, et nous trouvons au rivage trois canots d’écorce qui nous attendent. Nous voilà de nouveau sur la Rivière-Croche, mais aujourd'hui nous descendons le courant, ça va deux fois moins mal. M. J. B. Boucher gouverne l'un des canots, tandis qu'un petit garçon conduit son cheval par le sentier dont nous avons déjà parlé. Nous descendons la rivière Croche en assez peu de temps, et puis, sans arrêter, nous nous élançons sur les flots du Saint- Maurice. Nous entendons bientôt les mugissements de la chute, mais nous sommes à une assez bonne distance pour qu'il n'y ait pas de danger. Cela nous rappelle, cependant, que dans le temps des crues un cheval a sauté les trois cascades, et s'est rendu en bas avec sa pleine connaissance et sans une égratignure. Lord Byron, pour se rendre célèbre, essaya de traverser le Bosphore à la nage ; notre cheval a fait une action incomparablement plus éclatante, il est donc raisonnable de léguer son nom à la postérité. Eh bien ! il s'appelait d'abord Charly, mais après son mirobolant exploit, on l'appela simplement « La Tuque ». Sur ses vieux jours il perdit ses dents, sans perdre sa force extraordinaire; comme il ne pouvait plus manger, son propriétaire résolut de le fusiller, pour lui rendre service. Mais avant d'en venir là, on fit une gageure singulière: on gagea que ce cheval rendu monterait douze quarts de farine dans une côte appelée la côte à Blondin. « La Tuque » monta bravement cette charge monstre, puis il périt au champ d'honneur. Pendant que nous pensons à ces choses, de joyeuses détonations retentissent, et nous abordons à deux heures et quarante minutes ; plusieurs personnes sont sur le rivage pour nous recevoir. Madame Lacroix nous a préparé un bon goûter auquel nous faisons honneur. Madame Lacroix est une métisse, née et élevée à Montachingue [Wemotaci] ; elle a nom Marguerite Walker. Par son teint et ses traits on voit tout de suite qu'elle a du sang sauvage, mais elle est de haute stature, et elle a toutes les bonnes manières de nos compatriotes. […] »
Période post-rhinoférocienne. Pierre Cliche a signé ce portrait installé à l’avant-plan d’un rhino broutant, à l’époque symbole du congrès étatsunien, choisi par Pat Oliphant, génial caricaturiste d’origine australienne qui n’a cessé de cogner très dru depuis plus d’un demi-siècle: il faut s’esbaudir devant son lilliputien Bush fils. Dommage pour le génial pourfendeur de crétins élus : le commandant en chef des troupes chargées d’assurer la survie des carnassières pétrolières amerloques devra bientôt quittera son blanc logis.De cette charge aux cornes outrancieusement pamphlétaires, je l’admets, mais pas le moindrement calomnieuse, sûrement médisante, soit (certaines médisances, utilisées à bon escient, par exemple, dans le contexte d’une quête de la justice, s’avèreront justifiées et très efficaces), je ne livrerai ici qu’un seul paragraphe, inspiré également par quelques autres lectures accidentelles.
Trêve de tergiversations, voici ce paragraphe, à peine retouché, rescapé de ma charge qui se voulait héroïque. Allons-y, que je me cite à mon tour dans ce répertoire d’emprunts !
Le home de Corbeil. On distingue la salle paroissiale construite, paraît-il, pour éviter que les paroissiens se précipitent au Community Club, récemment inauguré par la protestants de la papetière, le clocher de la première église et une partie de la statue du Sacré-Cœur. The Brown Bulletin, volume IV, no 8, février 1923, page 17. Archives d’Hervé Tremblay. Et qu’en est-il de ce Midlige annoncé ?

Par contre, le dossier Midlige progresse. J’ai pu en effet retracer Peter Leney, le journaliste qui, le premier, s’est donné la peine de faire des recherches poussées sur Annie Midlige, cette fameuse femme d’affaires et de la faire connaître. Ô délicieuse surprise ! Peter avait toujours en sa possession le journal de John, le fils aîné d’Annie qui s’était établi à Oskélanéo tandis que sa sœur ouvrait un magasin à Sanmaur, à l’embouchure de la Manouane. Quand j’ai téléphoné à Peter, le reporter globe-trotter fermait ses valises et s’apprêtait à partir pour l’Écosse. À son retour, me promit-il, il m’enverrait une copie dudit journal. Mais, me prévenait-il, « … vous ne trouverez pas de propos véritablement utiles à votre démarche dans ce document ». Dès son retour d’Europe, donc, il s’est donné la peine de « monter » à Montréal pour faire photocopier l’historique tapuscrit et m’en expédier illico une copie. Il n’avait pas tort : le récit midligien n’apportait pas grand-chose de bien nouveau à ma quête, ni d’autres détails que n’avait déjà livré le journaliste d’enquête dans son article du Beaver (juin-juillet 1996).
Parlant de cet article, la Société historique de La Tuque et du Haut-Saint-Maurice a eu la bonne idée d’en diffuser une partie en traduction française dans son dernier bulletin. La traduction date de plusieurs années et semble avoir été faite plutôt rapidement, me semble-t-il, même si la ou le traducteur, à l’époque, avait même rémunéré pour son travail. Leney n’en est donc pas l’auteur. D’ailleurs, en en apprenant la « parution », il s’est dit étonné qu’on ne lui ait point demandé l’autorisation de le faire. L’entreprise de la SHLTHSM demeure toutefois très louable : les gens de La Tuque y découvriront qui étaient ces Midlige, patronyme peu commun, dont les tombes se terrent sagement dans la partie australe du cimetière de l’endroit. Peter m’a permis d’en faire la traduction et de l’insérer dans mon carnet. Ce que je ferai sans doute.
Timbre commémoratif de Daniel Gascon, émis à l’occasion de la naissance d’Olivier Cantin-Potvin, à Ottawa, le 7 décembre 1984, à 9 h 27. On aura saisi que la bibitte ailée, gonflée à l’hélium, a subtilisé le marmot à une cigogne quelque peu étourdie.À l’automne 1961, mon professeur d’histoire du Canada, en classe de Rhétorique, au STR, Louis Martel, curé de son état, nous imposait l’achat de Mon pays (Trois-Rivières, Éditions La Flèche), l’essai qu’il avait lancé en 1956, avec son confrère Herman Plante. J’en ai relu un passage éloquent sur la perception de notre clergé des Amérindiens des siècles passés.
J’ai retrouvé ce passage dans La première Amérique (Ottawa, Éditions du Vermillon, 1989; illustration de Christian Assiniwi, "Protégez le futur"), «essai-poème» de mon ami et complice Jacques Michaud, dit Fidéo de la Corne, efficace directeur d’élection lors de ma participation au Grand Safari électoral de 1979.

Du sucre dans les réserves
il y a eu de grandes périodes de gel
on ne sait trop où s’étaient cachés les Sauvages
ils étaient paraît-il dispersés sur tous les étages du nord
saupoudrés comme du sucre dans des réserves
ils avaient cessé de parler
ils avaient cessé de construire
et c’est toujours par les autres qu’on entendaient parler d’eux
ces missionnaires qui voulaient encore les sauver
et ces fonctionnaires qui voulaient pour toujours
les nourrir
les éduquer
et les loger
mais eux
ils gardaient toujours le silence
ils assistaient sans rien dire à ce nouveau massacre
qui leur passait dans le yeux
ils avaient fini par ressembler à des êtres qui ne sont pas d’ici
accoutrés mal sales dans les guenilles des autres
incapables d’entretenir leur maison
pas capables surtout de faire du ménage dans leur cour
en tout cas
et si par hasard on en voyait
il ne fallait pas leur parler
il ne fallait rien leur dire
ils avaient encore la peau rouge
et les yeux en biseau
leur corps faisait tâche d’huile
ils ne sentaient pas bon
il ne fallait surtout pas sourire
ils habitaient une autre terre
et ne mangeaient que du poisson
Ces deux artistes illustrent éloquemment la constatation du philosophe français Luc Ferry :
On pourra d’ailleurs juger, de visu, de l’allure tout à fait « jeune naïf » de l’apprenti journaliste par cette photo prise dans une chambre de l’hôtel Royal, à l’occasion du lancement de la saison 1964 de la Ligue industrielle de balle-molle.
À l’époque héroïque du stylo à bille et du carnet de notes. De gauche à droite : Denis Bélisle, distributeur local des bières Molson, Roger Rochette, de La Sentinelle [du moins nous en sommes-nous rappelé, Hervé Tremblay et moi : on nous corrigera si nous avons péché par orgueil], hebdo de Shawinigan, Gaston Hamel, correspondant du Soleil de Québec, John Lacasse, président de la ligue, Liguori Frenette et Jean-Claude Houle, des membres du conseil d’administration de la ligue, Pierre Cantin, reporter à pied du tandem CFLM – L’Écho de La Tuque, Réjean Lacombe, correspondant du Nouvelliste de Trois-Rivières. 1er juin 1964.Photo : Gilles Berthiaume.
Je me permets d’utiliser le tableau de monsieur Berthiaume, qui, en passant illustre une drôle de situation : La Tuque comptait à l’époque presque autant de journalistes que …d’élus municipaux! L’emprunt n’a rien d’effronté : l’auteur de la fresque en avait gentiment fait cadeau à l’apprenti journaliste au nombril encore humide que j’étais alors, question de lui souhaiter la bienvenue dans le club de presse latuquois.
Fanas de la balle mollement estivale. Mon père état un maniaque de la balle : au grand désespoir de ma mère, il prenait une partie de ses vacances annuelles en fonction de la tenue de la Série mondiale. L’arrivée de la télé à La Tuque, en 1956, fut pour lui un événement presque miraculeux. Pas étonnant de l’apercevoir sur cette photo, posant en complet-veston, avec ces joyeux animateurs de la boule roulante latuquoise. Remarquez-lui le sourire : en fait, il ne pose pas, il réfléchit la béatitude sportive. Le Nouvelliste. 1960.A M E N
NOTES
Une édition « moderne » du récit de Caron, annotée, cité plus haut, a paru en 2000 (Sillery, Septentrion).
POST-SCRIPTUMJ'ai oublié d'insérer cette magnifique recension littéraire, glanée dans la livraison du 9 janvier 1936 du BIEN PUBLIC, hebdo trifluvien que dirigeaient alors Raymond Douville et le poète Clément Marchand. Qu'on lise ce court passage de cette belle apologie, peut-être made in Three Rivers, du fasciste Benoît Leduc, l'assassin à "l'exceptionnelle destiné [sic]", digne représentant de la "génération du feu", laquelle enfantera de nombreux petits : les criminels Rumsfeld, Cheney, le sinistre penseur Wolfovitch et leur remarquable pantin texan, Bush dit Le Petit.
Avertissement Avant de lire le tout dernier paragraphe de cette reproduction de l'écran de mon vénérable Dell, qui en est à ses dernières heures, assurez-vous d'avoir une provision suffisante de papiers-mouchoirs. On sera vraiment touché...
Ah, oui, j'oubliais encore... Le premier ministre britannique Arthur Neville Chamberlain avait rencontré, en septembre 1938, tonton Adolf, un pote à Benoît l'Italien, et l'avait trouvé bien sympathique... Un homme au doux regard ! Un humaniste tout à fait incapable de gazer un maringouin, d'après le lunatique Londonien !
Petit entrefilet trouvé grâce à ce nouveau service offert par Google : on trouvera sur la toile des tonnes d'archives de journaux dont The Shawinigan Standard, The St. Maurice Chronicle. Dans le carnet social de ces hebdos, moult informations sur les gens de La Tuque, surtout les anglophones.Puis, cette petite découverte, un entrefilet sur Éliane Bergeron, la tante de madame Raîche-Roy, que nous avons appris à connaître par le carnet sur Eugène Corbeil, dont elle fut la secrétaire. Maxime Comtois figure dans ce même Gotha latuquois.
* * * * * *
Ce que j'ai pu aimer cette formule de ''renvoi'' !
cet ennemi qui est multitude et qui vole, qui détourne, qui parle de principes,
qui manœuvre, vous ne trouverez qu’une faible partie de cela dans l’histoire. »































